EMIGRATION ALSACIENNE

aux États-Unis entre 1815 et 1870
Source bulletin de la Société Industrielle de Mulhouse (07/1985) Nicole FOUCHE
Publication de la Sorbonne, Soutenance de Doctorat en 1987 

A l’instant d’étudier l’émigration alsacienne aux Etats-Unis de 1815 à 1870, il faut se souvenir que les Etats-Unis ne sont pas tout à fait un pays ordinaire du point de vue de leur population. En fait, la population américaine, Indiens exceptés, est fondamentalement composée d’immigrants. Les premiers colons, Anglais, sont arrivés en 1607. Ils étaient expédiés par une compagnie de marchands de Londres pour fonder Jamestown qui fut le premier établissement britannique sur la côte de Virginie. De cette date jusqu’à, très grossièrement les années 1921-24, l’immigration, avec des hauts et des bas, ne cessa pas. La période de 1815 à 1870, fait partie, dans l’histoire de l’immigration américaine, de ce que l’on caractérise comme l’ancienne immigration, c’est à dire l’immigration qui forma le substrat de la population américaine, d’origine nettement anglo-saxonne: Anglais, Ecossais, Irlandais de I’Ulster, Allemands, Suisses, Hollandais, Scandinaves…
Au cours de cette période, même si tout ne fut pas uniformément rose pour les nouveaux venus, il est vrai que les Etats-Unis présentaient un intérêt considérable pour les émigrants européens. Ils jouaient un rôle d’aimant, constituaient un pôle d’attraction extraordinaire grâce aux terres toujours et toujours disponibles, aux salaires plus élevés, qui, à terme, étaient aussi la promesse d’un meilleur niveau de vie. Certes, cette terre d’accueil ne fut pas toujours égale avec les immigrants. A la fin du XVIIIe siècle et au milieu du XIXe, des mouvements xénophobes et nativistes s’exprimèrent très vigoureusement, mais il y avait toujours, pour l’immigrant la possibilité d’aller plus à l’Ouest, et de s’installer sur la frontière toujours à coloniser.
Les Alsaciens ne découvrent pas les Etats-Unis en 1815. Ils n’ont cessé, depuis les origines de la colonisation britannique, de s’intéresser à l’Amérique. Nombreux furent les Alsaciens, protestants, qui y trouvèrent refuge pendant les persécutions religieuses. Au XVIII siècle, les colonies anglaises d’Amérique fascinent toujours les Alsaciens: on trouve dans les archives de l’Intendance de Strasbourg des descriptions tout à fait étonnantes sur la vie qui attend les colons en Nouvelle-Angleterre et dans la Baie de Massachusetts où l’on peut disposer de terres et cultiver le lin et le chanvre… On peut sans mal imaginer l’effet que de telles déclarations pouvaient avoir sur les habitants de notre vieille Europe, soumis, sur ces chapitres aux droits féodaux, toujours en vigueur. En 1753, l’émigration des Alsaciens en Amérique inquiète les autorités et l’Intendance de Strasbourg décide de prendre un certain nombre de mesures pour restreindre l’émigration, sans véritable succès d’ailleurs. La Révolution et l’Empire n’arrêtent pas le mouvement. Paul LEUILLIOT, historien de l’Alsace au XIXe siècle a consacré un article à l’émigration alsacienne sous l’Empire. Il analyse les résultats d’une enquête réclamée à l’époque par le Ministre de l’Intérieur. Il s’avère que l’émigration touche particulièrement l’arrondissement de Wissembourg.
Cet arrondissement va d’ailleurs, dans toute la période suivante (1815-1870) continuer à alimenter avec constance le flot de l’émigration alsacienne aux Etats-Unis. En 1805, les autorités françaises, qui voient d’un très mauvais oeil, une partie de leurs ressortissants chercher ailleurs de meilleures destinées, suspendent les passeports à l’étranger, pour tous les habitants non propriétaires qui ne justifieraient pas d’une cause légitime d’absence temporaire. Les guerres et le blocus furent les seules vraies raisons de l’arrêt de l’émigration des Alsaciens, qui, dès que la paix fut revenue, reprit.
En 1815-16, pour les Alsaciens qui désirent émigrer, la voie des Etats-Unis est donc tracée depuis plus d’un siècle. Cette voie conduit à une sorte d’Eden d’abondance et de liberté qui contraste singulièrement avec la situation économique et morale dans laquelle se trouve l’Alsace du début de la Restauration. Tout n’allait pas être facile pour nos émigrants alsaciens, car, même si le contexte est, à l’arrivée, favorable, il leur faudra à court terme, vaincre les pires difficultés, la mort peut-être.
Le premier obstacle est celui du voyage et de la traversée. La traversée s’effectue sur des bateaux à voiles. Les vapeurs transatlantiques ne viendront que beaucoup plus tard et seront toujours beaucoup trop chers pour les émigrants. Nombreux sont les pères de familles qui, pour réunir l’argent nécessaire au prix de la traversée, vendent leur petite maison, et leur petit bout de terrain, s’interdisant par cet acte même, tout espoir de retour en cas d’échec. Sur ces voiliers, finalement peu de naufrages, mais la saleté, la faim, la maladie sous forme d’épidémies, sont au rendez-vous. Le choléra fait régulièrement ses ravages. Le risque de se faire « déposséder » à l’arrivée, par des aventuriers sans scrupule qui promettent beaucoup mais ne donnent rien est réel, la langue, totalement inconnue des habitants des provinces du Rhin, sont autant d’obstacles qui rendent la réussite incertaine. A l’intérieur des terres, il faut défricher, tout construire de ses mains, parfois se battre avec les Indiens, ou alors accepter de travailler pour un patron, ou encore se fixer provisoirement dans une ville… mais tout arrêt coûte cher et les Alsaciens sont essentiellement attirés par les terres à cultiver. II est extrêmement difficile d’évaluer le nombre d’Alsaciens concernés par cette émigration aux Etats-Unis de 1815 a 1870. II n’existe pas de source d’archive continue et fiable qui permette de faire cette mesure de façon absolue et définitive. Pour les autorités françaises, les choses se passent de la manière suivante: quand un mouvement important d’émigration commence à se dessiner dans un département, le Ministre de l’Intérieur s’adresse au préfet du département concerne et lui demande de dresser la statistique de cette émigration. En Alsace, on se trouve dans cette situation à deux reprises. En 1817 ou les listes nominatives d’émigrants aux Etats-Unis dressées à la demande de Paris, permettent de dire que plus de 5000 Alsaciens (1236 hommes, 1073 femmes et 2882 enfants) sont partis aux Etats-Unis.
Cette année-la, c’est le Haut-Rhin qui fournit le plus fort contingent d’émigrants, 77 % contre 23 % pour le Bas-Rhin. L’émigration de 1817 dont le facteur déclenchant est incontestablement la disette de 1816-17, cesse très rapidement. Elle reprend dans le Bas-Rhin vers 1826 et s’enfle énormément dans les dix années suivantes. C’est la raison pour laquelle les autorités locales sont amenés, de nouveau, à dresser la liste des émigrants, dont le nombre atteint alors 14435 pour le seul département du Bas-Rhin qui perd, globalement, 2,56 % de sa population, tandis que l’arrondissement de Wissembourg en perd 7 %. Dans Ie Haut-Rhin, on peut suivre l’émigration aux Etats-Unis grâce aux statistiques des passeports à l’étranger qui sont conservées sous forme de listes nominatives, hélas souvent incomplètes ou défectueuses, ou de tableaux récapitulatifs sur une période assez longue, très globalement 1837-1862. Un comptage rapide indique que plus de 11000 Haut-Rhinois choisirent la route des Etats-Unis, chiffre auquel il faut ajouter un chiffre estime de 10 000 Alsaciens du Bas-Rhin émigres aux Etats-Unis pendant la même période (1837-1862). Cette estimation est possible grâce aux statistiques des passeports conservées à Strasbourg. Il ne faut pas oublier qu’aux Etats-Unis, en 1861, commence la guerre la plus sinistre de I’histoire américaine: la guerre de Sécession qui va rendre pour un temps l’Eldorado inaccessible.
En 1865-66 quand I’émigration peut reprendre puisque la guerre est terminée, on ne trouve plus aucune source, ni en Alsace ni à Paris, permettant de chiffrer les départs pour les Etats-Unis. On sait simplement qu’ils continuèrent, car il en est toujours question, dans les rapports et dans la correspondance entre préfets et ministres. La législation des passeports est appliquée alors avec beaucoup plus de libéralisme que dans la période précédente et le comptage des passeports devient une opération très aléatoire. On aura compris a quel point il est difficile de reconstituer le puzzle de l’émigration alsacienne aux Etats-Unis. II faut travailler sur des séries incomplètes ou parcellaires dont les informations ne sont pas forcement compatibles entre elles, et qui demandent souvent à être interprétées: bref un travail périlleux.
Le chiffre de plus de 40 000 Alsaciens auquel on arrive est en tout état de cause une évaluation minimale. Il ne répertorie que les Alsaciens qui se sont plies aux formalités du passeport ou a celles du service de l’émigration qui existe en France a partir de 1855. Les Alsaciens ayant renoncé à partir après s’être fait connaître auprès des autorités ne comptent pas au regard de ceux qui sont partis sans passeport. En effet, sans compter que le passeport à l’étranger coûtait 10 francs à l’émigrant, ce qui pouvait poser problème aux plus démunis, les formalités à accomplir étaient longues et tracassières. Depuis la première visite du candidat à l’émigration au maire de sa commune pour faire sa demande écrite jusqu’au moment ou 1’émigrant rentrait en possession de son passeport, il devait encore fournir un certificat attestant de ses bonnes mœurs et de sa bonne conduite, un certificat attestant du paiement de ses impôts, un autre de ses dettes. A certaines époques, il dut aussi déposer une caution de 50 francs, qu’il récupérait au consulat de France du port d’embarquement, et par surcroît les autorités locales – maires, sous-préfets et préfets – avaient reçu pour mission de faire valoir au candidat à l’émigration toutes les difficultés de son entreprise, tous les risques encourus. le tout sur un ton de reproche destiné à culpabiliser 1’émigrant. N’appelait-on pas remontrances les discours officiels qui frappaient le futur émigrant au moment ou il déposait sa demande de passeport. Cette entreprise de démoralisation poursuivie avec assiduité par les responsables administratifs incitait plutôt les Alsaciens à partir sans avoir légalisé leur situation, c’est à dire sans passeport. D’autres, qui n’ont pas osé braver complètement les lois sont à moitié en règle: ils se sont simplement munis d’un passeport à l’intérieur, pour Le Havre, par exemple, ce qui ne laisse aucun doute sur leur destination finale… Les préfets de Seine Maritime ne cessent d’ailleurs pas, tout au long du XIXe siècle, de protester énergiquement contre l’arrivée massive dans le port du Havre, d’Alsaciens qui n’ont ni passeport à l’étranger, ni titre de transport pour les Etats-Unis, ni d’argent en quantité suffisante pour attendre dans de bonnes conditions le prochain bateau pour les Etats-Unis.
La question qui vient automatiquement à l’esprit est: Pourquoi cette émigration? .
1815-1870 est la période de développement de la population alsacienne. Au milieu du siècle on peut même parler de surpeuplement, particulièrement dans les campagnes ou les populations appauvries ne pouvant survivre avec la seule exploitation de leur petite parcelle de terre sont souvent obligées de travailler aussi dans les manufactures, c’est pourquoi, parmi les émigres, bien qu’originaires des campagnes alsaciennes, on recense beaucoup de gens exerçant des métiers du secteur secondaire. Très nombreux sont les journaliers, qui, selon les cas, puisqu’ils ne sont pas spécialisés, peuvent aussi bien louer leurs bras à la manufacture que dans la ferme voisine ou encore travailler à domicile. Cette population subit très cruellement toutes les crises économiques: la moindre intempérie, la moindre fluctuation des prix retentit sur son niveau de vie. On le voit très bien en 1817, année de quasi famine pour toute une frange de la population qui se dirige en masse vers les Etats-Unis. II serait erroné de croire que ce furent toujours les Alsaciens les plus pauvres qui émigrèrent. Si l’on prend l’exemple du Bas-Rhin de 1828 a 1837, on constate que 35 % des familles emportent des sommes d’argent importantes qui probablement leur permirent de s’établir aux Etats-Unis dans de très bonnes conditions. 7 % des demandeurs de passeports emportent des sommes encore plus considérables, ce qui porte a 42 % me nombre de familles dont I’établissement en Amérique ne doit poser aucun problème du point de vue financier. Restent 58 % de familles qui ont à peine ou juste de quoi payer le voyage et la traversée. Pour ceux-la, il est clair que l’aventure de l’émigration est beaucoup plus risquée. Ce sont en général des ouvriers-paysans pauvres, les laissés pour compte d’une économie en pleine évolution. Ce ne sont donc pas toujours des raisons économiques qui poussent les Alsaciens à émigrer. Le désir d’échapper au service militaire est souvent un motif déterminant et l’émigration des jeunes garçons en age d’être soumis a la loi du recrutement est régulière .
Les autorités s’en émeuvent particulièrement au moment de la guerre de Crimée car il est à craindre que l’armée manque de bras. Il faut aussi signaler, comme facteur encourageant l’émigration plutôt que comme facteur la déterminant, l’exemple des Allemands et des Suisses qui quittent la rive droite du Rhin pour traverser la France et pour aller s’embarquer au Havre. En fait, les Alsaciens ont, là, l’occasion de se grouper en convoi, avec des émigrants dont ils partagent la langue. Nettement moins nombreux que les Allemands, ils eurent d’ailleurs tendance à se fondre, à l’arrivée aux Etats-Unis, dans le « german stock » constitutif de la population américaine. Avec les Allemands, ils s’assimilent bien dans leur nouvelle patrie dont ils deviennent très rapidement citoyens à part entière.
Les compagnies recruteuses n’exercèrent pas le rôle qu’on leur assigne habituellement. Elles n’eurent jusqu’en 1855, aucune existence légale. Les autorités françaises leur faisait une chasse impitoyable. L’exemple d’Henri Castro qui recruta des Alsaciens pour coloniser le Texas est à cet égard très significatif. Les autorités françaises aillèrent jusqu’a faire un procès à Castro, exerçant toutes les pressions imaginables pour le faire condamner, ce qui fut finalement fait. Heureusement, ce jugement injuste fut cassé et Henri Castro fut blanchi. II y eut bien, en dehors de l’entreprise de Castro, quelques tentatives, ici ou là, encourageant les Alsaciens à contacter tel ou tel, qui leur procurerait des terres ou organiserait leur voyage pour les Etats-Unis. Elles furent rares et devinrent immédiatement la cible des services de police. Mais, il ne semble pas que les Alsaciens aient eu besoin de ce genre de sollicitations pour émigrer. Ils prenaient seuls leur décision et plutôt sur la foi d’un rapport, d’un récit, d’une lettre émanant d’un ami, d’un voisin, d’un membre de la famille déjà installe aux Etats-Unis. II n’est pas rare, dans un même village de voir a plusieurs années d’intervalle, les membres d’une même famille quitter à tour de rôle leur village d’origine. Il arrive aussi que des émigrants reviennent pour chercher eux-mêmes leurs parents et quelques amis. La réussite des uns aux Etats-Unis est la meilleure incitation au départ des autres.
En 1855, la France qui comprend enfin tout I’intérêt économique que ses commerces, ses transports, ses ports peuvent tirer du passage de l’imposante émigration allemande et suisse par son territoire légifère enfin sur la question de l’émigration. Des commissariats à l’émigration sont créés. Strasbourg se voit dote d’un commissaire qui dirige un bureau spécial de renseignements. Les émigrants étrangers mais aussi alsaciens peuvent prendre connaissance de tout ce qui concerne l’émigration: prix de passage sur les navires, prix des chemins de fer, valeur ou échange des monnaies, possibilités de transport à l’arrivée… Les agences d’émigration qui organiseront le recrutement et le transport des émigrants seront désormais autorisées sous certaines conditions. Cinquante-sept agents légaux, c’est à dire représentant une agence accréditée d’émigration résident dans le Bas-Rhin en 1866. On pourrait penser que l’organisation mise ainsi sur pied par le gouvernement français eut une influence importante sur l’émigration alsacienne. Ce ne fut pas le cas. L’émigration resta stable, simplement les Alsaciens profitèrent des commodités offertes aux étrangers. Les ports d’arrivée des Alsaciens sont New York et La Nouvelle-Orléans. Rien d’étonnant à cela car ce sont au XIXe siècle les deux ports d’entrée les plus importants des Etats-Unis. La traversée jusqu’à la Nouvelle-Orléans est plus longue, donc plus pénible, mais à partir de la Nouvelle-Orléans il est relativement facile par le Mississipi d’accéder aux terres nouvellement colonisées de l’Ouest. Ceux qui débarquent à New York, gagnent le plus souvent, par l’Hutson et le Canal Erie, la région des grands lacs. L’engouement des Alsaciens pour le Texas est très connu. En 1836, le Texas est un immense territoire qui se sépare de la République espagnole du Mexique pour devenir indépendant. En 1845, il entre dans I’Union américaine. Ce territoire immense est encore très peu peuple, mais sous l’influence de I’immigration, sa population va augmenter très rapidement, ce qui est déterminant et capital pour son développement économique. Depuis 1842, date à laquelle Henri. Castro lance en Alsace sa campagne de recrutement en faveur du Texas jusqu’en 1860, les Alsaciens affluent régulièrement au Texas. Leur vie y est au départ extrêmement dure. Ils doivent faire face jusqu’en 1848 aux raids mexicains, et jusqu’aux années 1860 aux luttes avec les Indiens, tout créer, tout construire, de la cabane en rondins à l’école, en passant par l’église ou le temple, s’adapter aux institutions politiques de leur nouvelle patrie, apprendre un nouveau langage, affronter les maladies, la sécheresse ou encore les inondations. Il est sur que parmi les colons des premiers établissements alsaciens au Texas, nombreux furent ceux qui y laissèrent leur vie, victimes d’une vie rude et violente, que seules une volonté supérieure et une santé hors du commun pouvaient permettre de vaincre. Les exemples de réussite ne manquèrent cependant pas et ceux qui réussirent à surmonter les premières années eurent des destinées beaucoup plus florissantes que celles qui les attendaient en Alsace. Les premiers émigres et leur descendance bénéficièrent de la fulgurante rapidité de la croissance et de l’expansion économique de leur pays d’adoption.
Les Alsaciens n’avaient sans doute pas prévu la guerre de Sécession. Ceux du Texas purent avoir à se battre, enrôler dans l’armée Confédérale, contre leurs compatriotes du Nord, enrôlés eux dans les armées de I’Union. Du moins évitèrent-ils la tourmente de 1870, en Europe. Ils ne s’en désintéressement pas: en 1870-1871, les Alsaciens des Etats-Unis, qui n’avaient pas oublié leur patrie d’origine, se regroupèrent et dans de nombreux Etats américains, on vit fleurir associations et société, qui le plus souvent en liaison avec leurs anciens voisins, les Lorrains émigrés aux Etats-Unis, défendaient et prônaient le mot d’ordre d’Alsace-Lorraine française. Trente-neuf associations, au nom évocateur, ont pu être dénombrées entre 1871 et 1927.
Aujourd’hui, alors que l’assimilation a fait son oeuvre, on compte encore deux associations particulièrement actives dans le domaine culturel: celle de New York et celle de San Francisco.

CONCLUSION
L’émigration alsacienne, comparable en nombre, certaines années, à l’émigration écossaise, fut beaucoup plus discrète. Les Alsaciens s’assimilèrent avec aisance, se mêlant sans sectarisme aux autres colons. Ils étaient surtout avides de terres. Ils furent donc pour beaucoup d’entre eux fermiers, ce qui, au XIXe siècle, était un bon moyen de devenir Américain. Ceci dit, il faut quand même signaler que le dialecte et certaines coutumes (alimentaires par exemple) réussirent à subsister. De nombreux descendants d’Alsaciens qui aujourd’hui ont plus de 70 ans parlent le dialecte… Et c’est précisément au moment où les jeunes générations commençaient à tourner définitivement le dos à leur origine alsacienne que prit naissance et forme le mouvement de retour aux sources, le besoin de rechercher ses racines qui a tant de faveurs dans les Etats-Unis d’aujourd’hui.
La mémoire collective est désormais activement sollicitée: réunions, associations, voyages en Alsace, jumelages, manifestations culturelles, sont à l’ordre du jour, soutenus et secondés par l’action très efficace des généalogistes américains et alsaciens.

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